Anciennes plaines d’épandage d’eaux usées des Yvelines et du Val-d’Oise

Les plaines d’Achères, de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine (Yvelines) et celles de Méry-sur-Oise et Pierrelaye (Val d’Oise) ont fait l’objet d’épandages d’eaux usées brutes, puis partiellement traitées, à partir de 1890 et jusqu’à 2006 pour certains secteurs.

Les résultats de l’étude sanitaire (commanditée par l’ARS et cofinancée par le SIAAP) ont mis en évidence la présence de plomb dans les sols superficiels de certaines zones urbanisées (jardins individuels et collectifs, écoles, établissements recevant du public) à des teneurs supérieures aux valeurs-repères en Île-de-France. 

Parallèlement, Santé publique France a évalué à la demande de l’ARS la pertinence de réaliser un dépistage du saturnisme infantile sur ces sites d’épandage d’eaux usées. Il en résulte que la survenue d’un effet sanitaire lié à cette exposition au plomb ne peut être écartée, en particulier pour les enfants de 0 à 6 ans (par l’ingestion de particules de terre via le contact main-bouche).

Dès la publication des études sanitaires en octobre 2018, l’ARS a sensibilisé les professionnels de santé des 3 secteurs concernés, représentant au total 19 communes réparties entre les Yvelines (8 communes) et le Val-d’Oise (11 communes) :

  • Par courrier en octobre 2018 les incitant à prendre en compte cette voie d’exposition dans leurs décisions de prescription d’une plombémie ;
  • Lors de réunions d’information organisées en décembre 2018 dans les Yvelines et dans le Val-d’Oise présentant les résultats des études sanitaires, le point sur les intoxications du plomb à faible dose, les modalités de surveillance et les recommandations sanitaires (interventions à télécharger ci-contre).

La CIRE (cellule d’intervention en région de Santé Publique France) assure mensuellement un bilan des plombémies prescrites en interrogeant le système national de surveillance du saturnisme infantile.

Entre le 15 octobre 2018 et le 31 janvier 2019, 49 plombémies ont été réalisées chez des enfants domiciliés dans les 19 communes des plaines. Un cas de saturnisme, pour lequel une exposition avec des sols contaminés par le plomb, a ainsi été mis en évidence dans la commune de Carrières-sous-Poissy. Une imprégnation au plomb supérieure à 50 µg/litre a également été identifiée chez une femme enceinte de la même commune.

L’ARS engage une nouvelle action de sensibilisation auprès des médecins de toute la zone pour augmenter le nombre de prescriptions de plombémies. Les médecins peuvent s’aider du questionnaire des facteurs d’exposition issu du guide du Haut Conseil de Santé Publique, téléchargeable ci-contre.

Cette action est complétée, à Carrières-sous-Poissy, par une information directe auprès des familles.

Les médecins de Carrières-sous-Poissy peuvent s’aider de l’arbre décisionnel téléchargeable ci-contre pour déterminer quand il leur est recommandé de prescrire ce dépistage.

Pour les situations complexes ou atypiques, vous pouvez contacter un toxicologue du  centre antipoison (01 40 05 48 48) pour vous accompagner dans votre décision.

Connaître l’exposition réelle de vos patients

Toutes les communes ne sont pas concernées au même degré par les anciennes pratiques d’épandage des eaux usées. Vous pouvez à l’aide de l’outil cartographique en lien vérifier si l’adresse de domicile (ou des lieux fréquentés) de votre patient est située réellement sur une ancienne parcelle d’épandage.

Prise en main de l'outil cartographique : pour vérifier si le domicile de votre patient est situé dans un secteur d’épandage des eaux usées, tapez dans le champ « recherche » situé en haut à droite de la fenêtre. Des suggestions d’adresse apparaissent au fur et à mesure de votre saisie. Poursuivez votre saisie jusqu’à apparition de l’adresse souhaitée dans la liste et cliquez dessus. L’outil cartographique zoome alors précisément sur l’adresse sélectionnée. Dézoomez ou zoomez avec les boutons « + » et « - ».